Ecoute

Ecoute ♪
Perdre de vue la réalité. Le goût des choses ne se résume qu'à une seule et même histoire, aimer. Que faire de plus beau, de plus réel. Mais existe-t-il un combat plus dure en soi que de livrer corps et âme à ce qui nous attire tant. Les évènements torturent autant qu'ils enchantent, font rêver autant qu'ils emprisonnent. C'est cette sensation de liberté, inégalable, mais tellement liée à la dépendance, que l'on traque sans relache. On s'y brûle. A chaque instant on cherche ce regard, où l'on pourrait se perdre, qui nous ferait tout oublier. Si et seulement si. Simplement attiré par ce que l'on ne contrôle plus, ce qui ne se contrôle pas. Une folie qui nous perd et nous perturbe. Une folie perverse on l'on se jetterai, où l'on s'oublierai. Les remords cachés, les nuits à pleurer, le manque et l'attachement excessif ne sont rien pourtant face au bonheur qui nous habite tout entier. En apparence, on ne ressent les choses qu'intérieurement. Et pourtant, oui pourtant c'est si bien écrit sur notre visage d'être amoureux. C'est si fort qu'on en est dépassé. C'est le mal qui rend le bien, le mal qui fait du bien. Autant de paradoxes qu'il en existent et dont on ne se méfie pas. Etre conscient que tout échappe; C'est pour ces choses là qu'on croit en la vie, pour cet air niais qui nous éclate à la gueule, ce sourire qui ne se détache pas. Ces moments simples qui révêlent beaucoup de choses, ces noeuds dans le ventre, ces sensations indescriptibles et tous ces hasards prédestinés qui s'en approchent, je les déteste. C'est une horreur de se piquer d'une humeur qui ne nous ressemble pas. Quand on n'est pas fait pour quelque chose, on le sait. Et ce sont ces désillusions qui font le plus de mal, se dire qu'on pourrait être heureux avec quelqu'un, alors qu'on ne mérite rien. L'orage bouleverse beaucoup de choses. Les éléments se bousculent et se mélangent selon leur grès, on n'y puit rien . . . Comme je déteste le bruit des vagues qui se fracassent à l'entrée du port, l'odeur d'usine qui me rappelle que je rentre chez moi loin de ces pensées vagabondes qui se raccrochent au désespoir, je déteste voir que je me réveille seule, déteste me dire que rien ne sera. Je me déteste même d'oser penser ça. Je déteste ne pas avoir la force de croire en ce qui est possible, je déteste me sentir seule et triste. Je déteste ce sentiment d'abandon et de refus d'un bonheur qui pourrait être mien. Je déteste ne pas être capable de ne pas avoir peur de tout. Je déteste l'humilité que je m'inflige, déteste les bruits des sanglots étouffés. Je déteste montrer que tout va bien alors qu'il n'en est rien, déteste me mentir en me forçant à penser que je ne veux pas de cette vie que l'on m'offre. Je déteste détester. Et je l'aime tellement pourtant ce mot. J'aime détester, autant que j'aime dérober le mal au bien. Les choses n'évoluent pas, jamais. Elles se renferment, plus en encore plus. Je ne vois plus comment aimer, je ne sais pas aimer. Tout est détruit, et j'ai peur de reconstruire quelque chose, peur de sombrer, peur d'être incomprise, négligée. Peur de souffrir encore, d'être manipulée. Peur de repenser à lui, encore, et à ce foutu bonheur illusoire qu'il mettait en nous. Peur du passé qui rattrape tout, de la foudre qui brûle tout. Peur du temps qui passe, de ces imbéciles qui nous font mal. Peur de ne pas etre heureuse comme je le voudrais, comme il le faudrait, pour que tout ne paraisse pas aussi compliqué . . . Je ne suis pas capable de ça. Alors ne m'en veux pas de te dire que je ne sais pas ce que je veux, je ne sais jamais ce que je veux. Je ne me satisfais de rien. Mes pensées se construisent sur du flou, ma vie entière est un flou, un mirage peut être, qui traduit simplement une envie d'évoluer, une sorte d'élément initial de l'embryon qui veut devenir quelqu'un de bien, malgrès tout ce qu'on peut mal faire. Je voudrais pleurer alors que je ne sais pas pourquoi, j'ai peur de ce que je peux découvrir en vivant cela, peur de moi meme, de me retrouver et de savoir enfin ce dont j'ai réellement envie. Peur d'etre déçue . . . Le jour se lève mais c'est la nuit qui l'emporte. Les douloureux souvenirs d'insouciante fille resurgissent toujours au mauvais moment. On ne construit rien sur de la poussière, et pourtant c'est ce qu'il reste. Il a tout emporté, mon bonheur et mon enthousiasme. Je voyais si bien cet avenir dans ses bras qu'il a réussi à m'ôter ce plaisir de goûter à tout. Petite fille qui n'avait peur de rien.
# Posté le jeudi 03 juillet 2008 09:48
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 10:00

Aux oiseaux.

Aux oiseaux.

Le soleil se lève ce matin de bonne heure. La douceur que révèle l'aurore est surprenante. Il fait encore nuit et pourtant les oiseaux chantent déjà. C'est magique. La douleur de la veille est atténuée, les yeux séchés et bien que fatiguée je me sens bien. Les dernieres émotions ont révélé la richesse du monde. Ces évenements que l'on vit sans trop pouvoir controler. Les choses qui nous dépassent, les jambes qui tremblent et le coeur qui bat fort, de la meilleure des façons. La force d'un sourire peut parfois beaucoup face au reste du monde. On n'est jamais seul bien longtemps, même dans la plus profonde des situations.


N'est-il pas merveilleux et cruel qu'un être soit capable
de vous prendre le coeur et d'en faire ce qu'il veut ?




♥♪
# Posté le lundi 30 juin 2008 08:14
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 09:46

A bon ?

A bon ?


J'ai oublié de parler. Je sais écrire mais je ne sais pas parler. Ma bouche est restée béante et les seuls sons audibles se composaient des convulsions de ma gorge et des reniflements incessants. Elle me regardait avec son sourire gêné, plaintif et déférent. Un peu pathétique (...) " Pouvez-vous répéter la question ? ". On se convaint toujours de beaucoup de choses. Enfin, les autres se plaisent à vous persuader que vous valez quelque chose. Tout du moins on fait en sorte que vous y croyez, pour que vous soyez convenablement préparer à votre éventuelle réussite. Et pourtant on sait que non. Je ne dis pas qu'on sait qu'on ne va pas réussir. On ne réussira pas aussi bien que les autres, pas aussi bien qu'on l'espère et pas aussi bien en fonction du temps qu'on s'y est consacré. Parce qu'on sait que la situation sera émotionnellement trop puissante. Petite trop sensible. C'est le problème de cinq cent mil jeunes de notre espèce qui ne sont pas conscients de leur potentiel et qui ne croient pas en eux. Ah ! Croire en soi, une drôle d'histoire.

# Posté le vendredi 27 juin 2008 06:04
Modifié le vendredi 27 juin 2008 13:03

Pathétique condescendance.

Pathétique condescendance.

Comme dans les romans elle rêvait d'une passion,
d'une attention qu'ils ne lui donnaient pas. Les apparences
sont trompeuses, faiblement trompeuses.
Et ce n'est qu'un témoignage de plus, insignifiant face au reste du monde n'est-ce pas? Insatisfaction du réel et puis c'est tout. Manque de finesse, manque d'adresse ou manque d'intérêt.
A quoi bon,







Puisque


















# Posté le mercredi 18 juin 2008 05:56
Modifié le mercredi 18 juin 2008 11:23

Evènementiel de situation.

Evènementiel de situation.

« Que l'homme contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté, qu'il éloigne sa vue des objets bas qui l'environnent. Qu'il regarde cette éclatante lumière mise comme une lampe éternelle pour éclairer l'univers, que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour que cet astre décrit, et qu'il s'étonne de ce que ce vaste tour lui-même n'est qu'une pointe très délicate à l'égard de celui que ces astres, qui roulent dans le firmament, embrassent. Mais si notre vue s'arrête là que l'imagination passe outre, elle se lassera plutôt de concevoir que la nature de fournir. Tout le monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle idée n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses. C'est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Enfin c'est le plus grand caractère sensible de la toute-puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée. Que l'homme étant revenu à soi considère ce qu'il est au prix de ce qui est; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature; et que, de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes, les maisons et soi-même son juste prix. Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini? Mais pour lui présenter un autre prodige aussi étonnant, qu'il recherche dans ce qu'il connaît les choses les plus délicates. Qu'un ciron lui offre, dans la petitesse de son corps, des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ses jambes, du sang dans ses veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs, des vapeurs dans ces gouttes; que, divisant encore ces dernières choses, il épuise ses forces en ces conceptions, et que le dernier objet où il peut arriver soit maintenant celui de notre discours; il pensera peut-être que c'est là l'extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là-dedans un abîme nouveau. Je lui veux peindre non seulement l'univers visible, mais l'immensité qu'on peut concevoir de la nature; dans l'enceinte de ce raccourci d'atome. Qu'il y voie une infinité d'univers, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible: dans cette terre, des animaux, et enfin des cirons, dans lesquels il retrouvera ce que les premiers ont donné; et trouvant encore dans les autres la même chose, sans fin et sans repos, qu'il se perde dans ces merveilles, aussi étonnantes dans leur petitesse que les autres par leur étendue; car qui n'admirera que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit à présent un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à l'égard du néant où l'on ne peut arriver? Qui se considérera de la sorte s'effrayera de soi-même, et, se considérant soutenu dans la masse que la nature lui a donnée, entre ces deux abîmes de l'infini et du néant, il tremblera dans la vue de ces merveilles; et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption. Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leurs principes sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti. Que fera-t-il donc, sinon d'apercevoir quelque apparence du milieu des choses, dans un désespoir éternel de connaitre ni leur principe ni leur fin ? Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu'à l'infini. Qui suivra ces étonnantes démarches? L'auteur de ces merveilles les comprend. Tout autre ne peut le faire. »

B. Pascal
# Posté le vendredi 13 juin 2008 09:02
Modifié le vendredi 13 juin 2008 16:29